Catherine Laurent (MI) et Nathalie Martin (enseignante) : retour d’expérience

Catherine Laurent, musicienne intervenante, et Nathalie Martin, enseignante, se sont lancées dans une expérience musicale autour des Haïkus de Victor Flüsser, oeuvre bien connue éditée chez Mômeludies.

Résultat : un joli Haïku tout neuf est né, que Catherine et Nathalie ont voulu partager sur le site de Mômeludies. Il est à voir et à écouter ci-dessous, suivi du témoignage de Catherine relatant l’aventure. Merci à elles !

haiku cm2 06-15

 

Témoignage de Catherine (juillet 2015) :

Je travaille depuis  septembre 1997 dans la commune de Chaptelat (87). A l’origine  6 classes sur 8 avaient une séance de 30mn par semaine toute l’année. Avec l’agrandissement des effectifs, je suis passée à une dotation de 7 séances de 30mn par semaine pour 9 classes (nb : 10 l’an prochain). L’emploi du temps est établi afin que toutes les classes bénéficient de l’intervention musique (PS au CM2).

Cette année,  j’ai travaillé avec la classe de CM2  (effectif de 25) chaque semaine sur les 5 périodes.

A la demande de Nathalie Martin, enseignante, le projet musique s’est décomposé cette année en 4 axes sur les 4 premières périodes en parallèle du travail de classe en arts-plastiques et/ou production d’écrit. La période 5 permettant de terminer le travail de P4 et réaliser une restitution “mûrie” des travaux précédents.

C’est en période 4, et début de P5 que le travail autour des haïkus a été mené.

J’ai commencé par faire découvrir l’univers musical japonais par des écoutes commentées : théâtre Nô, chant et musique instrumentale traditionnels. Nous avons dégagé des caractéristiques du son joué, déclamé, chanté, travesti,  dans l’intensité, le grain, la dynamique, le rythme, etc…. mais aussi nous nous sommes interrogés sur le caractère des extraits, la sensation ressentie. Nous avons appris un court chant enfantin en japonais: Kakurenbo . J’ai proposé en complément des albums d’estampes et autres travaux d’HOKUSAI pour le lien avec le visuel (en classe avec Nathalie)

Dans un second temps, j’ai demandé aux enfants de jouer avec un mot (choisi librement pour le plaisir qu’il procure à la prononciation) dans l’idée des caractéristiques dégagées ci-avant. Puis, idem mais associé à un verbe d’action précis (crier, bégayer, chuchoter, découper…etc), pour affiner la production.

Dans un troisième temps, nous avons découvert le travail de Victor Flüsser par l’écoute (CD des Mômeludies: “un voisin..” et “la baleine” puis les créations des enfants) et par la partition examinée (un voisin) puis réalisée  (cf enregistrement).

En parallèle, Nathalie  les guidait pour la découverte et l’écriture de haïkus. Ce qui a donné l’enregistrement ci-dessus.

J’ai réalisé la traduction écrite des propositions vocales des enfants sur le modèle des “Flüsser”, pour cause de contrainte de temps. Si j’avais pu, j’aurais souhaité faire faire le codage aux enfants.

L’enregistrement a été réalisé dans la foulée…

J’ai découvert les Haïkus de V. Flüsser il y a de nombreuses années lors d’un stage choral je crois. Et j’ai tout de suite été intéressée par l’esprit , le rendu sonore et les possibilités de recherche vocale de ces pièces. Dès qu’un projet m’en donne l’occasion, je propose ces œuvres pour le travail musical et/ou en préalable de créations. « Un voisin mordu s’éveille » est mon préféré je crois.

Nous n’avons pas eu de difficultés particulières : les enfants me connaissent bien ;  je travaille avec eux depuis la petite section de maternelle pour la plupart. Et  j’ai une relation de confiance avec Nathalie qui est aussi musicienne et avait déjà travaillé avec un dumiste auparavant (nb :nous ne travaillons que depuis 3 années scolaires ensemble). Le courant est vite passé.

En parallèle de ce travail, Nathalie a repris la chorale de l’école instaurée par le précédent directeur d’école. Bref, il y a un « climat » !

Nathalie a été enchantée du résultat de ce travail, et c’est devant cet enthousiasme que j’ai suggéré de vous contacter pour avoir un regard et une oreille extérieure et compétente.

A mon sens, les enfants ont développé une écoute accrue entre eux (phases de création comme de production); ils ont dépassé une certaine timidité face à une expression vocale originale ; ils ont assumé leurs choix vocaux ; enfin, ils nous ont offert leur confiance, leur finesse et somme toute, toutes les qualités nécessaires à une réalisation en 5 ou 6 séances.

 Ce fut une année particulièrement riche, et associés aux autres productions de l’année (chant choral, mise en musique d’un conte, clapping corporel, …) ces haïkus m’ont permis de mesurer -toute proportion gardée- le chemin parcouru  avec ces enfants en collaboration avec leurs enseignants. A eux maintenant de poursuivre avec d’autres guides.

Pour la suite, j’attends les pistes des prochains projets pour – peut-être – retrouver les Haïkus de Victor Flüsser.

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