What we will be, Daniele Williams

Histoire d’une rencontre et de la création d’une oeuvre originale pour la pratique instrumentale à l’école…

La rencontre s’est déroulée à Ramallah, à l’école de musique Al Kamandjati, au cours d’un stage de formation pour les professeurs de musique invités à faire de l’éveil musical dans les écoles primaires des camps de réfugiés.

La Palestine est un pays où sont présents des volontaires internationaux, venant de tous les pays et consacrant plusieurs mois ou plusieurs années à participer aux activités éducatives, sociales, sportives ou autres en direction des enfants et les adultes.

C’est dans ce contexte que j’ai rencontré Daniele Williams, travaillant avec l’équipe d’Al Kamandjati pour des cours d’instruments et de pratique musicale d’ensemble. Elle m’a montré une pièce qu’elle avait écrite pour des enfants, « What  we will be », qu’elle propose gracieusement aux membres de Mômeludies (à télécharger ci-dessous). Elle expose, dans l’entretien ci-dessous (à lire ou écouter), le contexte dans lequel elle a été amenée à écrire cette œuvre, qui entre exactement dans le cadre des Pratiques instrumentales à l’école.  

Si vous lui écrivez pour lui demander quelques renseignements complémentaires, elle vous répondra avec plaisir, et en français !…

Gérard Authelain

 
Entretien avec Daniele :


Score What We Will Be Daniele Williams


Présentation de l’œuvre

« Je suis Américaine, musicienne, jouant quelques instruments (je n’ai jamais voulu vraiment choisir), je suis également compositrice et chef d’orchestre. J’ai écrit plusieurs morceaux pour des musiciens professionnels, mais aussi pour des enfants. Comme je travaille en des endroits divers, j’écris pour les instruments qui sont présents là où je suis. J’ai travaillé en Tanzanie, avec  beaucoup de percussions, guitares, piano, et instrumentation très bizarre, et on avait besoin de jouer ensemble. La raison pour laquelle l’écriture était facile était que les enfants participent.

La pièce « What we will be » a été créée aux Etats Unis grâce à un concours mis sur pied par l’organisation El Sistema, qui vient du Venezuela et a pris un essor mondial. Aux Etats Unis, c’est très fort, il y a des programmes au Conservatoire New England de Boston, où ils ont monté un programme il y a six ans pour développer les écoles El Sistema. C’est à cette occasion qu’ils ont créé un programme pour les compositeurs afin qu’ils écrivent des morceaux pour tous les niveaux, depuis les petits enfants jusqu’aux niveaux masters.

« What we will be » a été joué par des enfants de 6 à 21 ans. Les enfants plus âgés, qui jouent très bien, ont aidé les plus petits. Le but de mon morceau était que les enfants jouent sans chef d’orchestre, qu’ils soient les chefs d’eux-mêmes, autonomes. La première était lors d’un grand spectacle à Boston intitulé « El Sistema show case du Massachussetts ». Il y avait 400 enfants en tout qui ont joué cette première. Il a fallu quand même un chef d’orchestre, parce que c’était la première fois que tous les enfants étaient ensemble. C’était compliqué d’avoir 200 enfants sur la même scène, et donc la  pièce a été jouée deux fois le même jour. Et c’est la seule représentation où « What we will be » a pu être joué deux fois.

Maintenant il y a un autre projet d’El Sistema aux Etats Unis pour des grands ensembles. Je prépare pour donner a chance à tout le monde dans une école, de n’importe quel niveau, et pour jouer ensemble.

Chaque programme d’El Sistema est différent. Certains sont pour des écoles où il y a des cours de musique avec toutes les autres matières [NDLR. enseignement général], mais il y a aussi des programmes qui sont pour le temps de l’après-école. Le principe d’El Sistema est que l’éducation musicale est gratuite. C’est valable pour tous les programmes, quels qu’ils soient, et chaque programme est différent. Et chaque partition que j’écris peut se jouer dans une école d’enseignement général.

Instrumentation de la pièce « What we will be ».

Elle est pour un grand orchestre. Chaque partie a une partie très facile, jusqu’à une plus difficile. Par exemple pour le violon, il y a trois portées. Quelqu’un peut jouer seulement les notes en pizzicato avec les cordes à vide ; mais il y a aussi une partie que tout le monde chante. Et s’il y a un chœur, c’est possible alors de confier le chant à ce chœur. Mais ce n’est pas toujours possible d’avoir un chœur. Les musiciens qui jouent le violon peuvent également chanter. On peut ainsi adapter l’instrumentation selon les besoins.

Si dans l’école il n’y a pas de violons, on peut changer en utilisant les mêmes portées avec un autre instrument, avec une flûte, une clarinette.

Le texte, que j’ai écrit en anglais, est : « Dis-moi ce qu’on va être un jour ». La musique, c’est comme une grande question : qu’est-ce que la musique va faire en nous ? La musique c’est une question. Et la vie c’est une question. Ensemble, on change le destin des enfants. »

Daniele WILLIAMS

daniellewilliamsmusic@gmail.com

 

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